Tout d’abord, nous devons nous demander ce qu’est une décision. La langue française emploie l’expression « prendre une décision » comme si la décision était un objet identifiable. La langue anglaise emploie l’expression de « decision making process » (la fabrication de la décision) qui rend mieux compte de ce
Fait. La décision est en effet un cheminement, elle se construit, se négocie, suit des voies sinueuses au cours du temps. Les auteurs identifient trois types de décision :
1. Les décisions de type stratégiques, c’est à dire celles qui précisent les objectifs, la Pour qu’il y ait décision, il faut qu’il y ait un choix précédé d’une délibération, orienté vers un ou plusieurs buts et objectifs. Par ailleurs, ce choix doit avoir une action que l’on peut évaluer ou dont on peut en mesurer les résultats.
Il s’agit de savoir à quel niveau une décision a été effectivement délibérée ou débattue, et non à quel niveau elle a été signée. Est-il pertinent de se poser la question de la genèse d’une décision au vu de la difficulté d’identifier les sources. Quand une personne interrogée, connue ou non, dit être l’initiatrice de telle ou telle décision, il est difficile de l’admettre car les décisions sont l’aboutissement de longues évolutions.
Toute décision procède en trois phases : une
Phase préparatoire qui permet de comprendre la situation, de préciser l’
Objectif, de déterminer une procédure de travail et de collecter les données (exemple de commissions « ad hoc » pour établir le « brouillon » de la décision.
Une deuxième phase qui est celle de la décision en confrontant les argumentations (débats) et en faisant un choix. La troisième phase étant la réalisation qui inclut l’organisation de l’action, l’exécution, le contrôle des écarts et les décisions correctives ou préventives s’il y a eu une étude des risques.
Pour les décisions publiques, nous devons retenir trois grandes caractéristiques :
1. La multiplicité des unités administratives qui participent au
Processus et qui sont déclarées compétentes, d’où l’impression de flou, de lenteur de la décision, alors que nous sommes dans une phase de préparation au changement. Ce caractère collectif a trois conséquences : le compromis dans quasiment toutes les décisions, la lenteur des décisions administratives qui entraîne des courts-circuits pour améliorer le délai de décision, enfin la dépersonnalisation des décisions, c’est à dire que l’on perd la notion de responsabilité individuelle (cf. procès Papon). Cependant, aujourd’hui, nous voyons apparaître la notion de responsabilité pénale qui personnalise parfois à l’excès.
2. L’intervention de forces politiques et sociales qui peuvent devenir des groupes de pression externes ou internes. Les analyses des groupes externes sont fréquentes. Par contre, les groupes internes peuvent vouloir maximiser leur activité en se rendant indispensable dans toutes les décisions et donc en accroissant leur influence. Les objectifs des différentes administrations divergent souvent.
3. Considérer le processus de décision comme un
Résultat et non comme un moyen avec des négociateurs à la recherche du compromis,….
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